DPE collectif de l'immeuble

Le DPE d'immeuble en copropriété, de la cave au toit

Le diagnostic de performance énergétique collectif classe le bâtiment entier : enveloppe, chaufferie, parties communes et logements. Voici ce que le diagnostiqueur examine, ce qui pèse sur l'étiquette et comment préparer sa visite.

  • Immeuble évalué en entier
  • Calcul 3CL conventionnel
  • Petites copropriétés incluses en 2026

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Trois cotes pour situer l'évaluation de votre immeuble

  1. 2 étiquettes Énergie et climat : le bâtiment reçoit la plus défavorable des deux classes. Source : arrêté du 31 mars 2021, méthode 3CL-DPE 2021.
  2. A, B, C classes Obtenues par un DPE postérieur au 1er juillet 2021, elles dispensent l'immeuble du renouvellement décennal. Source : article L. 126-31 du CCH.
  3. 2026 50 lots ou moins Dernier palier du calendrier : les plus petites copropriétés doivent à leur tour faire évaluer leur immeuble. Source : calendrier publié par service-public.fr (loi Climat et résilience).

Repères en vigueur au 6 octobre 2026, hors outre-mer (échéance fixée à 2028).

Mis à jour le

Le DPE d'un immeuble en copropriété, aussi appelé DPE collectif ou DPE immeuble collectif, évalue le bâtiment entier sous deux angles, l'énergie consommée et le carbone émis : murs et toiture, locaux communs, production de chaleur et d'eau chaude, appartements compris.

Il vise les immeubles d'habitation collective les plus anciens, et les plus petites copropriétés y sont soumises depuis le 1er janvier 2026. Cette page s'adresse aux syndics, aux membres de conseils syndicaux et aux copropriétaires qui préparent une assemblée générale. Elle regarde l'immeuble comme un objet technique : ce que le diagnostiqueur relève, ce qui fait la classe d'un bâtiment et l'usage du résultat pour les lots et les travaux.

DPE collectif : quels immeubles, quelles échéances ?

Sont visés par le DPE collectif les bâtiments d'habitation collective dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 2013, date de dépôt faisant foi (article L. 126-31 du CCH). Les immeubles plus récents, conçus sous la réglementation thermique 2012 ou la RE2020, sortent de ce dispositif. Depuis la loi Climat et résilience de 2021, toutes les copropriétés y entrent, en trois paliers qui dépendent du nombre de lots.

Le calendrier selon le nombre de lots

La date d'entrée dans l'obligation dépend de la taille de la copropriété, comptée en lots.

Source : service-public.fr, fiche « DPE collectif » ; ANIL, novembre 2025.
ImmeubleObligation depuis le
Copropriété de plus de 200 lots et immeuble en monopropriété1er janvier 2024
Copropriété de 50 à 200 lots1er janvier 2025
Copropriété de 50 lots ou moins1er janvier 2026

Petites copropriétés et durée de validité

Pour les copropriétés de 50 lots ou moins, le texte ne prévoit aucune dispense liée à la taille : un immeuble de six appartements bâti en 1930 doit disposer de son DPE au même titre qu'une résidence de 300 lots, et le syndic, même bénévole, doit porter la question devant l'assemblée générale.

Une fois réalisé, le diagnostic est renouvelé ou mis à jour tous les dix ans. L'immeuble échappe à cette échéance si un DPE postérieur au 1er juillet 2021 le range en classe A, B ou C, selon le même article : un bon classement dispense donc la copropriété du renouvellement décennal.

Le DPE collectif parmi les autres diagnostics de l'immeuble

Selon son âge et sa situation, un immeuble en copropriété peut devoir disposer de plusieurs diagnostics portant sur ses parties communes ou sur le bâtiment entier. Ce panorama situe le DPE collectif parmi eux.

  • le DPE collectif, pour les bâtiments d'habitation collective visés par l'article L. 126-31 CCH ;
  • le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT), exigé dès que la copropriété a plus de quinze ans (article L. 731-1 CCH) ;
  • le diagnostic technique global (DTG), qui dresse un état complet du bâtiment et que l'ANIL range parmi les obligations, entre autres quand un immeuble âgé de plus de dix ans est mis en copropriété ;
  • le dossier technique amiante des parties communes, pour les immeubles dont le permis est antérieur au 1er juillet 1997 ;
  • le constat de risque d'exposition au plomb des parties communes, pour les immeubles construits avant le 1er janvier 1949.

Comment le diagnostiqueur évalue un immeuble en copropriété

Pour établir le diagnostic de performance énergétique collectif, le diagnostiqueur relève sur place les caractéristiques de l'enveloppe et des équipements de l'immeuble, puis calcule sa performance avec la méthode conventionnelle 3CL-DPE 2021. Une fois l'obligation située, voici ce qu'il examine concrètement.

La méthode 3CL appliquée au bâtiment entier

La méthode 3CL vient de l'arrêté du 31 mars 2021, qui encadre le diagnostic des bâtiments existants. Ce calcul conventionnel reconstitue la consommation de l'immeuble à partir de ce qui est construit et installé (parois, isolation, vitrages, ventilation, générateurs), avec des occupants fictifs aux usages normalisés. Les consommations réelles n'entrent pas dans la note : à bâti égal, deux immeubles reçoivent la même étiquette, que leurs habitants chauffent à 19 ou à 23 degrés.

Le résultat se présente sous la forme d'une double étiquette, énergie (en énergie primaire) et climat (émissions de gaz à effet de serre). La classe retenue est la plus défavorable des deux.

La visite : parties communes et échantillon de logements

La visite commence par les parties communes et les locaux techniques. Le diagnostiqueur doit pouvoir accéder à la chaufferie ou aux sous-stations, aux combles ou à la toiture-terrasse, aux caves et sous-sols, aux gaines de ventilation et aux halls.

Tous les appartements ne sont pas visités : le diagnostiqueur examine un échantillon de logements représentatif, dont il détermine lui-même la composition. Prévoyez l'accès à des logements de positions différentes :

  • rez-de-chaussée au-dessus des caves, étage intermédiaire et dernier étage sous toiture ;
  • logement en pignon ou en angle, plus exposé ;
  • des logements dont les fenêtres ou le système de chauffage ont été changés.

Les pièces que le syndic doit réunir

Le diagnostiqueur certifié vérifie sur place ce qu'il peut constater, mais les documents techniques évitent des valeurs par défaut souvent pénalisantes. Pièces à rassembler avant la visite :

  • plans de l'immeuble (niveaux, coupes, façades) et état descriptif de division ;
  • date du permis de construire et historique des travaux (ravalement, isolation de toiture, remplacement de menuiseries) ;
  • caractéristiques du chauffage collectif : type de générateur, puissance, année d'installation, contrat d'exploitation ;
  • production d'eau chaude sanitaire, collective ou individuelle ;
  • factures de combustible ou de réseau de chaleur des dernières années ;
  • type de ventilation (naturelle, VMC simple flux, hygroréglable) ;
  • diagnostics antérieurs : ancien DPE, audit, diagnostic technique global.
Plans d'étage d'un immeuble d'habitation étalés sur une table avec un télémètre laser et un crayon
Des plans à jour limitent le recours aux valeurs par défaut dans le calcul.
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Ce qui fait la classe énergétique d'un immeuble

La classe d'un immeuble dépend d'abord de son époque de construction, puis de l'état de son enveloppe, de ses menuiseries, de sa ventilation et de son système de chauffage. Les relevés de la visite alimentent le calcul : voici les caractéristiques qui pèsent le plus sur le résultat.

L'époque de construction : trois familles d'immeubles

La date de construction résume beaucoup de choix techniques. La première réglementation thermique date de 1974 : les immeubles conçus avant ne répondaient à aucune exigence d'isolation.

Tendances générales, à confirmer par le diagnostic de chaque immeuble.
Famille d'immeubleAtouts fréquentsPoints faibles fréquentsLeviers de travaux
Immeuble ancien en pierre ou brique (avant 1948)Murs épais, forte inertie, mitoyennetésToiture et menuiseries anciennes, ventilation par infiltrationsCombles, menuiseries, régulation du chauffage
Immeuble de 1950 à 1975Formes compactes, chauffage souvent collectifBéton sans isolation, ponts thermiques au droit des balcons et planchersIsolation des façades par l'extérieur, toiture, planchers bas
Immeuble postérieur à 1975Isolation progressivement exigée par les réglementations thermiques successivesNiveau d'isolation variable selon l'année, équipements vieillissantsRemplacement des générateurs, ventilation, menuiseries

Ces tendances ne prédisent pas une classe : un immeuble de 1960 rénové peut dépasser un immeuble récent mal entretenu.

Électricité : ce qui change en 2026

L'arrêté du 13 août 2025 a ramené de 2,3 à 1,9, à compter du 1er janvier 2026, le coefficient de conversion de l'électricité qui sert à exprimer chaque kWh consommé en énergie primaire. Les immeubles et logements chauffés à l'électricité voient mécaniquement leur étiquette énergie s'améliorer, sans changement pour une chaufferie gaz ou fioul.

Enveloppe, menuiseries et ventilation

Dans un immeuble, les déperditions se concentrent sur la toiture, les façades, les planchers bas au-dessus des caves et les fenêtres. Les deux premières relèvent presque toujours des parties communes : c'est là que la copropriété a le plus de prise.

Les menuiseries sont souvent privatives selon le règlement de copropriété, d'où des façades mêlant simple et double vitrage. La ventilation compte aussi : une aération par infiltrations augmente les pertes.

Façade d'un immeuble d'habitation ancien en brique avec volets battants et toiture en ardoise
Toiture et façades : les deux postes sur lesquels la copropriété décide seule.

Chauffage collectif ou individuel : deux immeubles, deux lectures

Le mode de chauffage change la manière dont le diagnostiqueur collecte les données : une chaufferie commune se décrit une fois pour tout l'immeuble, des équipements individuels doivent être relevés logement par logement ou par échantillon. Le système de chauffage conditionne donc toute l'organisation du diagnostic.

Synthèse des différences d'organisation du diagnostic.
CritèreChauffage collectifChauffage individuel
Source des donnéesSyndic et exploitantChaque copropriétaire
Point d'attentionRendement et régulation de la chaufferieDiversité des équipements
Levier de travauxDécision collective en assemblée généraleDécisions individuelles, sauf travaux sur l'enveloppe

Ce que le diagnostiqueur relève selon le système

En chauffage collectif, l'analyse porte sur le générateur (chaudière, pompe à chaleur, sous-station de réseau de chaleur), le réseau de distribution, le calorifugeage des tuyauteries et la régulation.

En chauffage individuel, chaque logement peut avoir son équipement : chaudière gaz, convecteurs électriques, pompe à chaleur. La représentativité de l'échantillon devient décisive.

Chaufferie collective avec tuyauteries calorifugées, manomètres et pompes de circulation
Générateur, calorifugeage et régulation : le cœur du relevé en chauffage collectif.

Du DPE de l'immeuble aux DPE des lots

Les données recueillies pour le DPE de l'immeuble peuvent servir à établir le DPE de chaque logement, selon l'article 8 de l'arrêté du 31 mars 2021. Le diagnostic de l'immeuble profite ainsi directement aux copropriétaires.

Le principe est encadré. Les données du bâtiment (parois, toiture, équipements collectifs) sont reprises, mais les données propres au logement nécessaires au calcul à son échelle doivent être renseignées pour chaque lot : chaque appartement reçoit son propre DPE, distinct de l'étiquette collective.

Côté copropriétaire, la règle n'a pas changé : pour vendre ou louer son lot, il doit fournir le DPE de son logement dans le dossier de diagnostic technique, et le DPE collectif ne le remplace pas. Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G n'est plus considéré comme décent pour une mise en location.

Après le diagnostic : PPPT, travaux et assemblée générale

Le DPE collectif sert de base technique au projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT), qui programme sur dix ans les travaux d'économies d'énergie et de conservation de l'immeuble. Une fois les étiquettes connues, la copropriété doit décider quoi en faire.

Du classement de l'immeuble au plan de travaux

Le DPE dit où en est l'immeuble ; le PPPT liste les travaux, estime la performance énergétique atteinte après leur réalisation et les répartit dans le temps. Commander les deux de manière coordonnée évite deux visites et fonde les scénarios de travaux sur les mêmes relevés.

Préparer le vote en assemblée générale

D'après l'ANIL, la résolution soumise à l'assemblée porte sur le prestataire retenu, plusieurs offres ayant été mises en concurrence, et non sur le seul principe du diagnostic. Elle se vote à la majorité simple de l'article 24 (loi de 1965 sur la copropriété). Des devis comparables précisent :

  • le périmètre de visite et le nombre de logements visités ;
  • la génération éventuelle des DPE des lots ;
  • l'articulation avec un PPPT ;
  • les recommandations de travaux et leur hiérarchisation.

Obtenir des devis pour le DPE de votre immeuble

Le formulaire de ce site transmet votre demande à des diagnostiqueurs et bureaux d'études partenaires, qui vous adressent leurs propositions. Quelques informations suffisent : adresse, nombre de lots, année de construction, mode de chauffage et date de la prochaine assemblée.

Les tarifs des diagnostics immobiliers ne sont pas réglementés : le nombre de logements visités, la présence d'une chaufferie à décrire et la génération des DPE des lots expliquent l'essentiel des écarts entre deux propositions.

Préparer le vote de la prochaine assemblée

Recevez des devis comparables, établis sur les mêmes informations, pour les présenter au conseil syndical.

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À propos de ce site

Site d'information indépendant, dpe-immeuble-copropriete.fr explique comment un immeuble en copropriété est diagnostiqué et classé. Aucun cabinet de diagnostic ni aucun syndic ne se trouve derrière ce site.

Le formulaire de la page met en relation avec des professionnels partenaires, diagnostiqueurs certifiés ou bureaux d'études, qui répondent directement à votre demande. Cette mise en relation peut donner lieu à une rémunération du site par ces partenaires.

Questions fréquentes

Un DPE d'immeuble réalisé avant juillet 2021 est-il encore valable ?

Non. Le décret n° 2020-1610 a fixé deux dates butoirs : fin 2022 pour les diagnostics des années 2013 à 2017, fin 2024 pour ceux de 2018 jusqu'au 30 juin 2021. Un immeuble qui ne dispose que d'un diagnostic de cette période doit en faire réaliser un nouveau selon la méthode 3CL-DPE 2021.

Un immeuble dont le permis date de 2013 ou après est-il concerné ?

Non, pas au titre de l'article L. 126-31 du CCH, qui ne vise que les bâtiments plus anciens. Ces immeubles ont été conçus sous la réglementation thermique 2012 ou la RE2020, mais chaque logement reste soumis au DPE en cas de vente ou de location.

Quel calendrier pour les copropriétés d'outre-mer ?

Les cinq départements d'outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte) suivent une échéance unique : le 1er janvier 2028, sans palier selon le nombre de lots (service-public.fr).

Le DPE de l'immeuble est-il payé par le syndicat ou par chaque copropriétaire ?

Par le syndicat des copropriétaires. Une fois le devis voté en assemblée générale, son coût est réparti entre les copropriétaires comme les autres charges communes, selon les tantièmes. Le DPE individuel d'un lot reste à la charge de son propriétaire.

Quelle différence avec un audit énergétique ?

Le DPE attribue une classe et formule des recommandations. Un audit énergétique va plus loin : il détaille plusieurs scénarios de travaux, chiffre leur coût et les gains attendus étape par étape. Il complète utilement le DPE avant une rénovation lourde.

Le DPE collectif doit-il être refait après des travaux ?

Rien n'oblige à attendre l'échéance des dix ans. Après une isolation de façade ou un changement de chaudière, une mise à jour du diagnostic permet de faire reconnaître la nouvelle classe, utile pour la valeur des lots et pour les DPE individuels.

Quelles suites pour un immeuble resté sans DPE collectif ?

Le DPE collectif est une obligation légale et le syndic doit, au titre de son devoir de conseil, alerter les copropriétaires. Sans diagnostic, la copropriété manque de la base technique attendue pour bâtir son plan de travaux et risque, selon l'ANIL, de ne pas être éligible à certaines aides.